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18 septembre 2019|Jean Lemire

Neuf baleines bleues périssent dans la glace

La NASA continue de confirmer les tendances irréversibles du réchauffement de la planète. Dans un effort pour vous dénicher un article résumant les grandes tendances, je vous propose un article de Libération (janvier 2013) qui résume assez bien la situation mondiale et qui confirme la tendance vers une élévation beaucoup trop rapide des températures moyennes

Certains détracteurs de l’hypothèse du réchauffement planétaire tentent, tant bien que mal, de sauver la face en faisant évoluer leurs discours. Au début, ils niaient simplement le phénomène de réchauffement. Aujourd’hui, ils remettent surtout en doute les causes de ce réchauffement, discréditant l’importance de l’apport anthropique dans cette fièvre mondiale. Curieusement, et en sourdine, ils acceptent donc ce qu’ils réfutaient il n’y a pas si longtemps.

Dans l’article de Libération, vous pourrez ainsi visualiser, en quelques graphiques, la situation planétaire et comprendre la complexité du phénomène.

Il est important de rappeler que l’étude du climat est une science qui analyse les tendances à long terme. La météo, elle, essaie de prédire le temps qu’il fera à très court terme. Elle se concentre surtout sur des variations locales et utilisent des méthodes d’analyse différentes. Vouloir mettre la science du climat et la météo en comparaison, ou en opposition, n’est pas toujours pertinent. Le meilleur exemple pour illustrer cette différence fondamentale est sans doute l’analyse à court terme de notre hiver québécois.

Climat Québec résume bien la situation pour cette année : « Le mois de mars a été très froid sur l’ensemble de la province avec des températures moyennes de 3 à 6 degrés sous la normale. Le mois n’avait pas été aussi froid depuis 30 ans (mars 1984), ce qui contraste avec la majorité des années récentes où le mois était plus chaud que la normale, notamment en 2012 où il était 3 à 6 degrés plus chaud. Un mois de mars aussi froid revient en moyenne tous les 20 ans depuis 115 ans (selon les réanalyses NCEP, 1900-2014). Conséquence de ce temps froid, les degrés-jours de gel ont été 80% plus élevés qu’à la normale et les nuits très froides (seuil de -10°C) ont été 50% plus nombreuses. Les glaces de lacs et de rivières ont été plus épaisses et plus étendues qu’à la normale et le couvert neigeux à la fin du mois a été 2 à 3 fois plus épais que la normale dans le sud de la province ».
Une des conséquences de cet hiver plus long et plus froid est sans contredit la couverture de glace sur le Saint-Laurent qui a atteint des niveaux rarement égalés depuis un quart de siècle. Les conséquences de cette imposante banquise sont nombreuses et certaines espèces doivent prendre des risques pour atteindre leur garde-manger printanier, comme ces baleines bleues coincées dans la glace au large de Terre-Neuve.

Selon nos espions, certaines baleines bleues ont réussi à se dégager et à quitter le secteur à risque. Malheureusement, au moins neuf rorquals bleus ont péri, prisonniers de l’étreinte meurtrière d’une banquise en mouvement. Il faut dire que le piège était parfait cette année. Un long corridor d’eau libre permettait aux baleines de pénétrer loin en amont. Quand le corridor s’est refermé, les kilomètres de glace en mouvement ont tout simplement refermé l’accès à cette eau libre, essentielle pour permettre à ces mammifères marins de respirer.

Le site est difficile d’accès et le dénombrement des victimes n’est peut-être pas exhaustif. Il y a peut-être aussi d’autres baleines bleues (et autres espèces) qui sont simplement mortes sous la glace. Il est donc difficile de connaître le nombre exact de victimes.

Le site est difficile d’accès et les pilotes d’hélicoptères refusent souvent de poser leur appareil sur cette glace instable. Au cours du week-end, nous tenterons quand même d’envoyer une équipe sur place pour aller prélever des biopsies sur les baleines échouées sur la banquise. Les analyses génétiques permettront de déterminer l’identité des animaux décédés, à condition bien sûr qu’ils fassent partie du grand catalogue d’identification développé par Richard Sears au cours des 35 dernières années. Si un pilote accepte cette folle aventure, ce sera une opération risquée. Mais les données recueillies permettront d’ajouter une pièce de plus à l’énorme casse-tête que représente la science de nos derniers géants.

Commentaires1
  • SCE-10-102
    29 juillet 2014
    Quelle tristesse pour ces magnifiques mammifères marins. J'espère que vous trouverez les moyens nécessaires d'accéder à cette banquise, afin de vous permettre de mieux comprendre la situation...
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